Le 1er avril 2026 tombe un mercredi. Au-delà des traditionnelles farces et du poisson d’avril, cette date concentre en France une série de changements réglementaires, fiscaux et sociaux qui modifient concrètement le quotidien de millions de foyers. Prestations sociales, marchés publics, énergie, logement : voici ce que les textes officiels prévoient.
Panorama des mesures qui entrent en vigueur le 1er avril 2026
| Domaine | Mesure | Détail clé |
|---|---|---|
| Prestations sociales | Revalorisation RSA, AAH, APL, allocations familiales, prime d’activité | Versement effectif le 5 mai 2026 |
| Prime d’activité | Hausse ciblée | +50 €/mois en moyenne pour 3 millions de foyers |
| Crédit immobilier | Nouveaux taux d’usure (2e trimestre) | Plafonds révisés pour les prêts à taux fixe et les prêts relais |
| Logement | Fin de la trêve hivernale | Reprise des procédures d’expulsion locative |
| Commande publique | Seuil de dispense de publicité relevé | De 40 000 à 60 000 € HT |
| Énergie | Réforme heures creuses, passage en période estivale | Nouveaux horaires du 1er avril au 31 octobre |
| Droit du travail | Deadline congés payés (arrêts maladie) | Jusqu’au 23 avril 2026 pour réclamer ses droits |
Toutes ces mesures partagent une date d’entrée en vigueur, mais leurs répercussions concrètes se répartissent sur plusieurs semaines. Ce décalage entre le texte et l’effet réel mérite d’être examiné domaine par domaine.
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Aides sociales revalorisées en avril 2026 : un versement décalé à mai
Le RSA, l’AAH, les APL, les allocations familiales et la prime d’activité font l’objet d’une revalorisation au 1er avril 2026. Le calendrier de versement de la CAF, lui, fixe le paiement au 5 mai. Les bénéficiaires constateront donc l’augmentation avec un mois de décalage sur leur relevé bancaire.
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Le volet le plus notable porte sur la prime d’activité, avec un gain moyen de 50 euros par mois pour environ 3 millions de foyers. Pour les ménages avec enfants, la hausse simultanée des allocations familiales et des APL peut constituer un apport cumulé appréciable, dont le montant final varie selon la composition du foyer.
PTZ 2026 : des conditions d’accès élargies
Le Prêt à Taux Zéro évolue avec des plafonds de revenus relevés et des plafonds d’opération revus à la hausse. Des ménages qui dépassaient de peu les seuils précédents peuvent désormais déposer un dossier. Le dispositif reste en place jusqu’à fin 2027, ce qui donne une visibilité de calendrier aux acquéreurs qui montent leur plan de financement.
Marchés publics : ce que change le seuil à 60 000 euros HT
Depuis le décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025, les acheteurs publics disposent d’un plafond relevé pour passer certains marchés de fournitures et de services sans publicité ni mise en concurrence formelles. Le seuil grimpe de 40 000 à 60 000 € HT au 1er avril 2026. Le seuil de mise à disposition obligatoire des documents de consultation sur le profil d’acheteur s’aligne sur le même montant.
Cette souplesse procédurale n’efface pas les contraintes environnementales. L’article 35 de la loi Climat et Résilience s’applique sans seuil financier : un marché de quelques milliers d’euros reste soumis aux exigences écologiques du texte, au même titre qu’un contrat plus important.
Côté artisans et petites entreprises, la conséquence est directe. Les collectivités peuvent solliciter un prestataire en gré à gré pour des commandes allant jusqu’à 60 000 €, alors qu’un appel d’offres formel était nécessaire dès 40 000 € auparavant. Le gain de temps se mesure autant pour le donneur d’ordre que pour le fournisseur.
Heures creuses : la bascule vers le calendrier estival
Au 1er avril, la réforme des heures creuses entre dans sa phase saisonnière. Les foyers concernés voient leurs plages horaires passer en mode estival, applicable du 1er avril au 31 octobre, avec des créneaux distincts de ceux de l’hiver.
Enedis fixe les horaires localement. Le fournisseur doit prévenir le client au moins un mois avant toute modification, ce qui suppose des notifications expédiées début mars au plus tard pour une bascule effective au 1er avril.
L’impact touche directement les familles qui programment lave-linge, sèche-linge ou chauffe-eau sur les créneaux à tarif réduit. Un décalage horaire passé inaperçu peut générer une facturation en heures pleines pendant plusieurs semaines, le temps qu’une facture intermédiaire révèle l’anomalie.

Fin de la trêve hivernale et expulsions locatives en avril 2026
La trêve hivernale s’achève le 31 mars à minuit. Dès le 1er avril, les procédures d’expulsion locative peuvent reprendre. Le contexte reste marqué par un volume d’expulsions élevé ces dernières années.
Les locataires en difficulté ont intérêt à vérifier plusieurs points avant cette échéance :
- Un recours DALO (droit au logement opposable) en cours peut suspendre la procédure d’expulsion, à condition que le dossier soit déposé et enregistré
- La commission de surendettement de la Banque de France peut être saisie lorsque des impayés de loyer s’ajoutent à d’autres dettes du foyer
- Le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) du département dispose de dispositifs d’urgence pour couvrir des arriérés locatifs
Congés payés : une échéance méconnue au 23 avril 2026
Les salariés ayant connu un arrêt maladie entre décembre 2009 et avril 2024 disposent d’un délai pour réclamer les droits à congés non attribués pendant ces périodes. Ce délai expire le 23 avril 2026. Au-delà, la prescription devient définitive et ferme toute possibilité de recours.
Le 1er avril 2026 déclenche donc un enchaînement d’échéances étalées sur tout le mois. Les revalorisations sociales ne se matérialisent qu’au 5 mai, les nouveaux taux d’usure redéfinissent la capacité d’emprunt pour l’ensemble du deuxième trimestre, et la date butoir du 23 avril sur les congés payés clôt une fenêtre ouverte depuis plus d’un an. Le mois d’avril dans son ensemble modifie la donne financière de nombreux ménages français.

